Ma vie a toujours été bien ordonnée, un mari, quatre enfants, un bon travail, une jolie maison … La « vie parfaite », en apparence du moins.  J’étais heureuse je pense.  J’étais fort occupée par l’éducation de mes enfants et surtout par celle de mon petit dernier, infirme moteur cérébral.

A côté de l’intendance et des activités purement matérielles, je donnais aussi des cours de cuisine vive et avais entamé des études en naturopathie.  Autrement dit, j’étais occupée à plein temps!

Quand on mène une vie tambour battant comme celle-là, on ne se rend pas toujours compte que tout ne tourne pas aussi rond qu’on le pense autour de soi.  De fait, je n’ai pas vu que mon mari s’éloignait, que mes enfants souffraient du manque de présence.  Loin de moi l’idée de me blâmer ici, c’était comme ça et c’était un chemin nécessaire à ce moment-là.

Et puis voilà, j’ai connu quelques grands cataclysmes en très peu de temps, en quelques mois en fait.  Mon mari m’a quittée et j’ai connu trois deuils très proches en six semaines; mon parrain et son épouse qui m’avaient partiellement élevée et surtout mon plus jeune fils, à l’âge de douze ans.

Ma douleur fut énorme mais je me disais que j’étais forte ! Et que bien sûr je pouvais surmonter ces épisodes très douloureux, toute seule, sans aide, en continuant à travailler.

 

 

Evidemment neuf mois plus tard, mon corps m’a fait me rendre compte que ce n’était plus possible et qu’il était grand temps de m’arrêter … Le burnout avait sonné à ma porte, en pleine nuit. J’ai complètement craqué, j’ai pleuré sans discontinuer, je n’arrivais plus à me lever de mon lit, à sortir de chez moi.  Je n’avais plus aucune énergie et peur de tout.

J’ai bien sûr consulté un psychiatre et petit à petit, avec son aide, j’ai mis des techniques au point pour aller un petit mieux chaque jour.  Ce fut un long chemin de deux ans. J’ai réellement pris le taureau par les cornes pour m’en sortir … Je vivais seule à ce moment-là, mes grands enfants avaient quitté le nid.  Mon appartement s’est transformé en labo expérimental ! Je collais des post-it partout avec des affirmations positives, des rappels de ce que je devais faire mais aussi penser.  Il y en avait dans la cuisine, la salle de bain, la chambre, au salon, le hall d’entrée !  Ce sont vraiment ces petits messages et toutes les méditations, et le repos bien sûr, qui m’ont permis de guérir si vite du burnout.  Ce ne fut pas facile tous les jours mais petit à petit je me suis sentie mieux et bien plus connectée à l’Univers.  Il y a quelque chose qui s’est passé qui m’a fait me rendre compte du principe d’unicité.

Aujourd’hui je suis heureuse de ma vie.  Je suis toujours bien ancrée et connais mes points forts et mes points faibles. Je me respecte totalement et écoute mes malaises car ils agissent comme des témoins de ce qui doit être modifié ou amélioré.

Je ne peux que témoigner de mon amour de la Vie !