Renoncer … Se dépouiller … Simplifier sa vie

Et si se dépouiller voulait simplement dire faire table rase des habitudes qui ont été les miennes jusqu’à présent, lâcher prise face aux soucis, aux inquiétudes, à ce sur quoi je ne peux finalement avoir aucun pouvoir.  M’en remettre au divin, m’en remettre à ma destinée.  Certes continuer à agir, à explorer des pistes, à découvrir et à s’instruire mais in fine reconnaître avec modestie que ce qui se passe est de loin la meilleure chose qui pouvait m’arriver.  Même si cette chose me semble parfois injuste, intolérable, inacceptable.  Ou alors exaltante et tout à fait passionnante. Cet événement me fait grandir, me fait mieux explorer mes limites, ce que je suis capable d’endurer.  Et comme il est dit dans le livre des Prophètes dans l’Ancien Testament, « Je ne permettrai jamais qu’il vous soit envoyé une épreuve que vous ne soyez capable d’endurer et de traverser. »  Bien sûr certaines personnes semblent être moins épargnées que d’autres, leur chemin de vie paraît plus difficile. Loin de moi l’idée qu’il est simple d’accepter sans colère ou tristesse.  Mais essayer, juste essayer, de prendre le recul de l’observateur et s’extraire de son amertume et analyser en douceur ce qui se passe, tenter de l’accepter pour justement aller plus loin sur le chemin de la connaissance de soi.

Renoncer n’est pas synonyme de vivre en autarcie, ou replié et à l’écart des autres, tentant par-là de ne pas être blessé, ce n’est pas non plus renoncer à la vie. Mais c’est renoncer à la cupidité, à l’égocentrisme, à l’ambition dévastatrice, au manque d’écoute et d’empathie.  Car nous sommes bien tous enfants de Dieu, peu importe la religion dont nous sommes issus, nous sommes des êtres de lumière tentant de s’améliorer dans l’incarnation qui nous est offerte. Car il s’agit bien là d’un cadeau inestimable.  Le cadeau de la rencontre à l’autre, ses facettes qui me plaisent et celles qui me fragilisent, me heurtent et me font rendre compte à quel point finalement elles sont pareilles aux miennes, à celles que j’ai enfouies là tout au fond de moi et qui me déplaisent.  C’est avoir l’humilité de les reconnaître, d’en sourire, voire d’en rire, de les intégrer et puis passer son chemin grandi de cette nouvelle expérience. Il n’y a pas de hasard dans les rencontres.  Il n’y a que des personnes qui comme moi font leur chemin, tentent tant bien que mal de donner un fil conducteur à leur vie et de se réjouir de ces innombrables petits moments de joie qui donnent du baume au cœur. Regarder un enfant jouer, un oiseau voler, sentir le parfum délicat d’une rose. C’est de ces moments-là dont il faut souvenir quand plus rien ne va, quand on a l’impression de toucher le fond.  La nature humaine a cette capacité extraordinaire de renaître de ses cendres tel le Phénix.

Et c’est ce qui fait la vie passionnante, ma vie passionnante.  Je vous la souhaite aussi.

Catherine Kinna – Chaussée d’Alsemberg 1114 – 1180 Uccle (Bruxelles) – Belgique.  Tel: +32 (0)472.71.97.94